L'Orne RadicaleParti Radical de gauche

Expressions

Liberté, Égalité, Fraternité

Le 23 février 1934, le philosophe Alain écrivait, dans une dédicace au professeur Henri Mondor, à la fois brillant chirurgien,  historien de la littérature et dessinateur de talent : « La politique est une chose ennuyeuse, médiocre et laide, dont il faut pourtant s’occuper, comme de tant de choses ennuyeuses, médiocres et laides ». Cette page est exposée à Mortagne, au Musée Alain, et elle donne à réfléchir.

Aujourd’hui, il est de bon ton de manifester un profond mépris de la politique et des « politiciens », surtout au plus haut niveau … Certes, ils déçoivent souvent. Devenus des « stars » du pouvoir, leurs disputes agacent et sont sujet à moquerie… Chacun y va de sa plaisanterie sur l’un ou sur l’autre, de quelque bord qu’il soit… On se vante de ne plus voter, ou de faire un vote « de protestation », c’est-à-dire de voter pour le plus extrémiste… Ce qui équivaut bêtement à laisser les autres voter à sa place et à se faire gloire de cette irresponsabilité volontaire, sans en envisager le risque de conséquences désastreuses. Les femmes elles-mêmes ne se souviennent plus qu’elles n’avaient aucun droit à la parole avant leur accession au suffrage universel en 1945 ; et l’on oublie aussi que la fragile démocratie porte en elle sa terrible  capacité d’auto-destruction : Hitler est parvenu au pouvoir tout à fait légalement, sous l’acclamation des foules ; car seuls les dictateurs sont adulés, flattés… Aucune critique à leur égard, puisqu’il n’y a plus de « liberté ». Le désengagement politique conduit directement à cela.

A l’heure actuelle dans nos démocraties, l’information est brouillonne et bruyante, elle suinte de tous les pores des multiples médias, sans distinction du vrai et du faux, de l’essentiel par rapport à l’anecdotique et au « people ». Toutes les opinions s’expriment « également » selon la devise républicaine, sinon raisonnablement. Face à cette « égalité » du droit de parole, les hommes politiques doivent nécessairement jouer les communicants pour satisfaire à la demande. Oui, la politique est souvent « ennuyeuse, médiocre et laide », comme le constatait Alain. Ce ne sont pas chez lui propos désabusés : seulement un constat fait sur l’élu qui doit se prêter au jeu pervers de l’électeur, dans une fausse « fraternité » avec lui. Or il faut accepter à la fois que les hommes au pouvoir ne soient pas tous et en tout des modèles, et qu’ils ne fassent pas toujours et tout de suite ce que chacun attend d’eux. Ils sont faits du même bois que nous. On doit simplement exiger d’eux qu’ils réalisent ce qu’ils ont promis et ce pourquoi ils ont été élus démocratiquement. Quant à nous qui les avons élus, il nous revient aussi de les aider citoyennement et « fraternellement » à le faire, car leur réussite alors sera la nôtre. Et de leur demander des comptes en temps et en heure là-dessus, et là-dessus seulement ; car dans les circonstances de crise actuelle, quel est leur vrai pouvoir ? Quelles sont leurs marges de manœuvre face à un retournement mondial qui nous dépasse tous ?

Nous traitons souvent la politique comme un jeu de dupes : pour faire les malins et obtenir des faveurs, nous demandons aux candidats en campagne de nous promettre la lune. Certains candidats le font ; ce sont des menteurs, et beaucoup s’y laissent prendre, attention ! Et nous reprochons ensuite aux élus de ne pas nous avoir fait descendre cette lune quelques semaines après leur élection… Qui se moque de qui ? Quand on sait qu’il faut des mois et des années pour bâtir un projet, pour en trouver les financements et le mettre en œuvre, comment demander à un gouvernement de redresser toute l’économie du pays d’un coup de baguette magique, sans que personne en pâtisse ? Que chacun critique à tout-va – c’est son droit, et le signe de sa liberté d’expression ; mais c’est sans se rendre compte que beaucoup de lois dont on voit actuellement l’application ont été votées par le gouvernement précédent. Et face à d’autres partis, je suis très sensible à la loyauté citoyenne de mes amis du PRG, aux divers échelons du pouvoir ainsi que dans leurs rapports avec leurs partenaires et leurs adversaires politiques.

À la suite de mon père, je suis entrée en politique locale dans un esprit de service. Face à la brutalisation des rapports partisans et aux stratégies de prise de pouvoir des grands groupes, j'ai été attirée par le PRG et ses modèles honnêtes de grands politiques et d’intellectuels reconnus, comme Edouard Herriot qui a donné le nom de son beau livre à l’Avenue de « La Forêt Normande » à Argentan, plutôt que le sien. Je m’y suis inscrite pendant le second mandat de François Doubin comme Maire d’Argentan, car j’avais apprécié près de lui les rapports d’amicale confiance dans une collaboration sans concession, franche et parfois rude.

Le PRG est le plus vieux Parti de gauche, descendant de la philosophie des Lumières. Je connaissais son histoire et j’en voyais l’application : dans les occasions les plus difficiles, ses membres choisissent le sang-froid de l’intelligence et de la réflexion humaniste qui évitent les querelles sectaires et les conflits stériles. On enseigne la tolérance et le concept de laïcité comme défense et respect de l’individu et de son droit inaliénable à s’associer à des groupes de pensée, qu’ils soient religieux ou non. J'y expérimente le dévouement et la fidélité à la chose publique, à la fois sur le plan de la France et de l'Europe; l'esprit d'ouverture et d'écoute mutuelle; l'intelligence dans la recherche de solutions pratiques et applicables aux problèmes actuels, tout particulièrement dans le domaine de l'économie de crise et de ses retombées sociales.

C’est cet esprit de loyauté que j’ai voulu représenter localement à la municipalité d’Argentan depuis plusieurs années, dans mes fonctions auprès du Maire Pierre Pavis et de mes Collègues élus PS, PC, Jouadistes et non-inscrits, ainsi qu’avec les divers membres ses oppositions, en tant qu’Adjointe déléguée au Personnel et à l’Emploi, à la Communication, aux Nouvelles technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), et aux Archives. Car de politique, « il faut pourtant s’occuper, comme de tant de choses ennuyeuses, médiocres et laides », celles du travail de tous les jours qui n’est pas glorieux, en « fraternité » avec tous les concitoyens. Il faut mettre la main à la pâte, au risque de se salir ; y mettre de tout cœur le meilleur de soi-même et de ses compétences. La tâche est souvent lourde, rude et ingrate, mais « il faut », comme dit le philosophe qui n’a jamais cherché à faire carrière…

Marie-Jo Pierre,
adjointe au Maire d'Argentan et Secrétaire Générale de la Fédération PRG 

Pourquoi suis-je rentré au PRG

Thierry Pinot

Conseiller municipal et ancien Maire de L'Aigle
Membre titulaire de la Communauté des Communes du Pays de L’Aigle et de la Marche

Parce que je suis convaincu que les valeurs d’humanisme et de laïcité doivent être au coeur de nos préoccupations quand on s’intéresse à l’avenir.

Marie-Jo Pierre

Ajointe au Maire d’Argentan

Je suis entrée dans la politique locale dans un esprit de service. Face à la brutalisation des rapports entre groupes, j’ai été attirée par le PRG. Je connaissais son histoire: elle montre que dans les occasions les plus difficiles, ses membres choisissent toujours le sang-froid et la réflexion humaniste qui évitent les querelles sectaires et les conflits stériles. J’y expérimente le dévouement et la fidélité à la chose publique, à la fois sur le plan de la France et de l’Europe; l’esprit d’ouverture et d’écoute mutuelle; l’intelligence dans la recherche de solutions pratiques et applicables aux problèmes actuels, tout particulièrement dans le domaine de l’économie de crise et de ses retombées sociales.

Je suis très sensible à la loyauté citoyenne de mes amis, dans les divers échelons du Parti ainsi que dans leurs rapports avec leurs partenaires et leurs adversaires politiques.

Christophe LECAT

Membre du Bureau, Trésorier de la Fédération PRG de l'ORNE

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Pourquoi suis-je radical ?
Tout d'abord pour l'humanisme dont se réclame ce mouvement, car au final il n'est de combat méritant d'être vécu que celui qui fait progresser l'Homme.
Les réponses à des situations complexes, comme l'Europe, la France les connaissent, ne peuvent trouver des solutions simplistes et la tradition radicale de réflexion, d'expression multiple et sa capacité de synthèse ne pouvait que me convenir.
A ce titre être radical signifie aussi pour moi une capacité de vision et d'accompagnement de l'évolution de la Société qui somme toute est surement l'essentiel du Politique.
Enfin la notion défendue par le PRG de l'Europe fédérale me semble particulièrement pertinente à l'heure d'une mondialisation que nos nations à leur propres  échelles ne peuvent appréhender seules;  mais fédérées ensemble, constituant la première puissance économique mondiale, elles peuvent en réguler le cours. Ceci correspondant bien à la  tradition humaniste et sociale du radicalisme.
Ces réflexions  m'ont amené à me sentir radical si globales soient-elles ; elles trouvent naturellement leur traduction concrète dans un engagement local, ornais, car à l'instar du Parti Radical de Gauche, réformiste, mesuré et juste, je suis persuadé que ces trois "vertus" ne peuvent que faire progresser idées et réalisations  et ainsi notre territoire, notre pays.